En ce mois de juillet, les relations diplomatiques entre la France et la Tunisie pourraient enfin se réchauffer sous l’impulsion de ces deux événements. Il y a d’abord eu la nomination la semaine dernière d’Adel Fekih, aux fonctions d’ambassadeur de Tunisie en France après une période de latence de 16 mois ! Ensuite, la visite d’Etat confirmée et attendue à Paris du président Moncef Marzouki , du 17 au 19 juillet prochains.
A peine nommé, le nouvel ambassadeur tunisien qui présentera ses lettres de créance au Président François Hollande mercredi 11 juillet à partir de 15h00, est déjà à pied d’œuvre pour faire de cette visite présidentielle, un tournant décisif pour les relations entre la France et la Tunisie.
Coté tunisien, c’est un président Marzouki à l’autorité malmenée par les récentes polémiques de l’extradition en catimini de l’ex-premier ministre libyen Mahmoud Baghdadi et la révocation contestée de Mustapha Kamel Ennabli, le gouverneur de la Banque Centrale, qui se présentera pour sa première visite officielle dans une grande nation européenne. Une visite plusieurs fois reportée et finalement annulée sous la présidence de Nicolas Sarkozy.
Signe de l’importance stratégique donnée à ce rdv coté tunisien, Moncef Marzouki sera à la tête d’une imposante délégation comptant notamment trois ministres régaliens (Ministre de l’intérieur, Ministre de l’économie et Ministre des affaires étrangères) en plus du Ministre du tourisme et du secrétaire d’Etat aux Affaires européennes.
La diplomatie française mise également beaucoup sur cette première visite d’un président ex-résident en France mais qui avait eu des mots peu amènes à l’égard de la France dans une interview donnée en décembre 2011 à l’hebdomadaire « JDD » (cf. « L’esprit colonial, c’est fini !« ). La république sait se montrer conciliante et réservera au président Marzouki les honneurs habituellement réservés aux plus grands. Dès mardi, le président tunisien sera reçu à Élysée par François Hollande ; s’en suivra un diner officiel donné en l’honneur de l’hôte présidentiel. Le lendemain après une visite à l’hôtel de ville de Paris sur invitation de Bertrand Delanoë, le Président Marzouki aura le privilège rare de s’exprimer devant les députés dans l’hémicycle de l‘Assemblée nationale. Une considération exceptionnelle que seuls seize chefs d’états étrangers avaient jusqu’à présent connu parmi lesquels le Président américain Bill Clinton, le roi Hassan II du Maroc, le Premier ministre britannique Tony Blair, le Secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan, le Président algérien Abdelaziz Bouteflika ou encore le Président de la Commission européenne José Manuel Barroso. Ironie de l’histoire, lors de sa visite officielle en 1997, Ben Ali en avait été privé par Laurent Fabius (l’actuel Ministre des Affaires étrangères) alors Président de l’assemblée nationale !
Grandes lignes du programme de la visite d’état du président Moncef Marzouki
Mardi 17 juillet :
- Entretien avec François Hollande à Élysée suivi d’un diner officiel
Mercredi 8 juillet :
- Entretien à l’Hôtel de Ville avec Bertrand Delanoë, Maire de Paris
- Déjeuner à l’Assemblée nationale sur invitation de Claude Bartolone, Président de l‘Assemblée
- Discours devant les députés dans l’hémicycle
- Diner avec le patronat français
Jeudi 19 juillet :
- Entrevues et déjeuner avec la société civile franco-tunisienne à l’ambassade de Tunisie
S.B.


En espérant que cette fois ci Marzouki ne fera pas la bourde de trop!
En espérant que cette fois ci le président Mazrzouki fera preuve de sagesse et nous épargnera la bourde de trop!