Célébration du centenaire de l’écrivain Ali Douaji

Publié le: 22/04/2009 » Commentaires

 

 Ali Douaji

Ali Douagi ou Ali Douaji , né le 4 janvier 1909 à Tunis et décédé le 27 mai 1949 à Tunis, est un nouvelliste et homme de théâtre tunisien. Ali Douagi, qui était peut-être le plus célèbre écrivain de l'avant-garde tunisienne, a surpris l'intelligentsia tunisienne, en publiant son "périple à travers les bars méditerranéens", en 1935, dans la revue el-Alam el-Adabi (le Monde Littéraire).

Sa famille, d'origine turque, appartient à la petite bourgeoisie de Tunis. Ali Douagi perd son père à l'âge de 3 ans et est élevé par sa mère. Il fréquente l'école Kheireddine et la médersa Irfaniya mais ne dépasse pas l'enseignement primaire. Il devient ouvrier dans un magasin de textile appartenant à Béji Mebazzaa.

Appartenant à la bourgeoisie tunisoise, de culture zeitounienne, Ali Douagi était appelé, de par sa formation et son statut social, à exercer une charge gouvernementale ou à diriger le henchir (domaine agricole), de ses parents. Il opta, encouragé par une mère possessive, qui aliéna sa liberté, pour une vie d'oisiveté et se laissa vivre, au milieu d'une bande d'artistes marginaux, les écrivains et les artistes du café de Taht es-Sour, dans le faubourg de Bab Souika, à Tunis.

Connu pour ses satires, il est l'une des figures emblématiques de la bohème et du spleen des intellectuels du café Taht Essour de Bab Souika. Douagi se définit comme le poète de la "Gholba", de la défaite, d'un manque de reconnaissance, qui génère des sentiments de désarroi et de frustration. Mais alors que son compagnon, Mahmoud Messadi, l'écrivain existentialiste estimait que la littérature, d'après Messadi est nécessairement tragique, Douagi crée une atmosphère de désenchantement, où l'ironie se mêle à la tragédie. Disons plutôt que l'ironie tente de masquer la tragédie effective.

Douagi a été publié dans plusieurs mensuels et hebdomadaires des années 1930 et 1940. Ses écrits sont caractérisés par un réalisme souvent caricatural, ce qui rend parfaitement compte des mœurs et travers de la société tunisienne de l'époque.
Plusieurs de ses nouvelles parues dans divers journaux, entre 1935 et 1959, ont été réunies dans un recueil intitulé Il m'en a fait veiller, des nuits (سهرت منه الليالي). Les plus connues sont : Le trésor du pauvre (1935), Le berger des étoiles (1944), La mère d'Eve (1959) préfacée par Taha Hussein. A ce jour, Ali Douaji a à son actif une centaine de pièces théâtrales radio-diffusées et des textes chantés par des gloires de la chanson tunisienne à l’instar de Hédi Jouini, Sadok Theraya, Salah El Khemissi, Hassiba Rochdi et Fethia Khairi.
Il meurt de la tuberculose à l'hôpital La Rabta de Tunis.



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