Dcouvrir Jendouba et sa région

Publié le: 01/07/2008 » Commentaires

Le bonheur est en régions ! Par Tahar Ayachi



Dans nos belles régions, les trésors ne manquent pas. Le visiteur en quête de ressourcement et d’authenticité connaît depuis longtemps la richesse et l’hospitalité de ces lieux parfois retirés. Quand vous serez cet été sur les plages de Hammamet ou Sousse, songez un instant qu’il y a des endroits tout aussi merveilleux ailleurs. Loin des buildings touristiques de la côte, l’autre Tunisie, celle des villageois, des sites naturels, de la cuisine de terroir, des petits métiers, des souks et des marabouts…bref la Tunisie des régions nous accueillera non pas comme de simples clients, mais avec la tendresse d’une mère. Pour cette aventure passionnante dans la Tunisie authentique, notre guide Tahar Ayachi, journaliste, grand amateur du patrimoine tunisien et fondateur du club des vadrouilleurs de Tunisie, nous ouvre exceptionnellement les carnets de ses escapades dans 18 belles régions.
                                                                                                                                                                                                   

 

Jendouba :

 
1835,19km2 pour environ 420 000 habitants
Principales localités en dehors du chef-lieu : Tabarka, Aïn Draham, Bousalem et Ghardimaou.
Principales ressources : relief Kroumir, grandes plaines de la haute vallée de la Méjerdah et le littoral sur quelques dizaines de kilomètres assignent à ce gouvernorat une vocation essentiellement agricole que viennent épauler quelques activités extractives. La pêche au large de la côte tabarkoise suffit à peine à la demande locale pour cause de modestie des installations et des équipements. Les monts Kroumirs densemènts boisés d’essences productives, principalement les diverses variétés de chêne (liège, kemesse...) offrent des ressources saisonnières (récolte du liège, bois pour la fabrication de charbon etc.), les mines (fer, plomb etc.) de Tamera ou du Jebel Hallouf apportaient un appoint aujourd’hui épuisé et, seules les carrières de pierre de Hammam Darragi ou celles, plus réputées, du marbre numide de Chemtou entretiennent l’activité extractive. Les riches plaines de Ghardimaou, celles de Jendouba et de Bousalem continuent à fournir à la région et au pays une part considérable des ressources agricoles que renforcent l’élevage ovin et bovin et les cultures sous serres. Le tourisme, surtout dans la région de Tabarka - Aïn Draham, constitue l’autre pôle de croissance économique grâce à des investissements publics et privés conséquents.
Patrimoine : tout au long de l’histoire, la vallée de la Médjerdah a servi de couloir de pénétration dans l’arrière-pays, jusqu’en Algérie et de grenier à provisions (agriculture, sylviculture, chasse etc.) De ce fait, la région a toujours été densément peuplé : dans les plaines, pour leur exploitation, et sur les hauteurs, pour s’extraire aux flux et reflux de l’histoire. La partie montagneuse a conservé des sites qui témoignent de cette occupation: sépultures berbères protohistoires (du côté de Balta) creusées dans la roche ou érigées en dolmens ou bazina ; postes d’observation militaire d’époque romaine sur les crêtes etc. Mais cette montagne est surtout riche de son écosystème riche varié, de son climat tempéré, de sa faune sauvage originale etc.
Le parc naturel national d’El feija, aux confins de l’Algérie (2 632 ha) est un superbe sanctuaire naturel qui préserve toutes les caractéristiques de ce milieu. Au plan civilisationnnel, la plaine regorge de sites et de monuments qui couvrent toutes les civilisation de Tunisie. Les sites majeurs sont Chemtou, pour les périodes numides et romaines, ainsi que pour l’extraction et l’exploitation du célèbre marbre jaune et Bulla Regia, un millefeuille historique, avec ses fameuses villas souterraines. Chemtou, en outre, dispose de l’un des plus beaux musées de Tunisie.
Aïn Draham est connu pour son architecture de style colonial, mais c’est surtout Béni Mtir qui doit retenir l’attention : un véritable village savoyard en pleine Tunisie !
Et si la consigne est d’utiliser systématiquement les tuiles rouges sur les toits inclinés des constructions nouvelles pour donner à la région une identité spécifique, les traditions ancestrales n’en restent pas moins vivaces et se manifestent avec faste dans les rassemblements familiaux et religieux (zerdas) : costumes et bijoux féminins, harnachement des chevaux de fantasia, cuisine, etc.
Gastronomie : elle est essentiellement rurale et riche en féculents. Vers la fin de l’hiver et au printemps, bien des recettes ancestrales à base de légumes et d’herbes sauvages sont concoctées mais ne peuvent consommés qu’au sein des familles. La viande ovine et celle du chevreau y est excellente. Ain draham est réputé pour la viande de sanglier chassé dans les fôrets voisines (généralement disponibles dans les établissements touristiques).
Artisanat : le tissage artisanal à base de laine est une activité féminine par excellence ; elle s’effectue à la maison pour la fabrication de couvertes mais aussi la kachabia à usage familial. Il est possible d’en commander.
Tabarka est réputé pour la qualité de son corail rouge, matière première qui sert à la confection de bijoux. En fin, du coté de Tabarka et AÎn Draham, des objets artisanaux à base de bois de liège sont vendus au bord de la route ou au souk.
Culture : Tabarka est le principal foyer de la vie culturelle dans la région. Elle l’est, avec une tonicité variable depuis près d’un demi-siècle et aujourd’hui, en saison estivale, pas moins de 4 manifestations musicales majeures s’y déroulent pour le plus grand bonheur des mélomanes (jazz, raï, latinos et musiques du monde)
Loisirs : la marina de Tabarka et la jetée des Aiguilles dans la même ville offrent des promenades très agréables.
La zone touristique comprend, entre autres, l’un des plus beaux parcours de golf en Méditerranée.
La plongée sous marine est très pratiquée par le club local ou par des sociétés d’activités nautiques. Les sorties en mer en direction de l’Ile de la Galite ou la frontière algérienne sont quotidiennes en été, avec ou sans déjeuner à bord.
Source: Mag 00216 - N°004


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(confidentiel)
   
 

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