La Tunisie passe sous protectorat français
Attribuée en 1878 au congrès de Berlin comme « lot de compensation » à une France encore traumatisée par la perte de l’Alsace-Lorraine, la Tunisie n’a jamais eu l’importance stratégique de l’Algérie voisine. C’est donc en 1881 que la France se décide à prendre possession de la Tunisie, réprimant durement la vaillante résistance de ses villes. L’emprise française sur la Tunisie est à nouveau rapidement contestée, car la revendication nationaliste se fait sentir dès 1907, avec le mouvement des Jeunes Tunisiens. De plus en plus de tunisiens réclament l’indépendance complète.
Le mouvement de libération
Dans les années 30, le Néo-Destour de Habib Bourguiba est au coeur de la marche vers l'indépendance. Moncef Bey, monarque patriote, est déposé par les Français en 1943 sous prétexte de collaboration avec l’occupant allemand. Après la Seconde Guerre mondiale, les revendications se durcissent jusqu’à la fin du conflit indochinois et l’insurrection algérienne qui favorisent l’accession de la Tunisie à l’indépendance. Bourguiba, de retour en 1949, intensifie sa campagne pour l’indépendance de la Tunisie, en s’appuyant sur l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) de Farhat Hached. L’année 1952 est l’année noire de la crise tunisienne et la lutte pour l’indépendance prend un nouveau tour après les arrestations des chefs nationalistes et la dissolution forcée du gouvernement Chenik qui élabore un mémorandum sur l’autonomie interne. La répression ordonnée par le résident général Hautecloque fait reléguer Bourguiba à la Galite et décapite le Destour. Le ratissage du cap Bon bouleverse l’opinion progressiste en France tandis que s’organisent des maquis de fellagas. Un soulèvement généralisé semble inévitable. L’organisation « La Main rouge » créée par des colons extrémistes lance une campagne terroriste contre les nationalistes dont l’une des premières victimes est Farhat Hached. Mouvements populaires anti-françaises, attentats nationalistes et anti-nationalistes, tentatives de réformes proposées par les Français se succèdent, menant la Tunisie au bord de la guerre.
De l’autonomie à la proclamation de la République

Le 31 juillet 1954, Pierre Mendès France, nouveau président du Conseil français, se rend en Tunisie et promet l’autonomie interne dans son discours de Carthage. Les émeutes stoppent. Le 3 juin 1955, Tahar Ben Ammar et Edgar Faure signent une série de conventions consacrant l’autonomie tunisienne. Le 17 septembre, un gouvernement composé exclusivement de Tunisiens est installé à Tunis. Le 20 mars 1956, le traité du Bardo de 1881 est abrogé et la Tunisie est reconnue comme une monarchie constitutionnelle entièrement souveraine. Les premières élections législatives du 25 mars donnent une large victoire au
Néo-Destour. Le 8 avril, Habib Bourguiba est élu président de la première Assemblée nationale tunisienne.
La Crise de Bizerte
Les relations avec la France se détériorent en raison de la guerre d’Algérie. Fin 1957, des affrontements se produisent lorsque des troupes françaises, poursuivant des indépendantistes algériens, franchissent la frontière tunisienne. Les tensions culminent début 1958. Le 8 février 1958, des avions de l’armée française bombardent le village tunisien de Sakiet-Sidi-Youssef, tuant 68 Tunisiens et en blessant 100 autres.
Les relations franco-tunisiennes se détériorent de nouveau en 1961. Dans un contexte d'achèvement prévisible de la guerre d'Algérie, la Tunisie revendique la rétrocession de la base de Bizerte. Les Français ayant refusé d’évacuer la base navale, des troupes tunisiennes l’assiègent le 19 juillet 1961. Deux jours après, l’armée française force le blocus et cerne la ville tout entière, provoquant la mort de 1 300 tunisiens. Les deux camps acceptent la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies du 22 juillet appelant à un cessez-le-feu. Le 25 août, l’Assemblée générale des Nations Unies demande à la France d’abandonner entièrement Bizerte.
Peu de temps après, les deux camps regagnent les positions qu’ils occupent avant le combat. Les discussions qui débutent en 1962 aboutissent à l’évacuation définitive de Bizerte le 15 octobre 1963.
Les relations avec la France se détériorent en raison de la guerre d’Algérie. Fin 1957, des affrontements se produisent lorsque des troupes françaises, poursuivant des indépendantistes algériens, franchissent la frontière tunisienne. Les tensions culminent début 1958. Le 8 février 1958, des avions de l’armée française bombardent le village tunisien de Sakiet-Sidi-Youssef, tuant 68 Tunisiens et en blessant 100 autres.
Les relations franco-tunisiennes se détériorent de nouveau en 1961. Dans un contexte d'achèvement prévisible de la guerre d'Algérie, la Tunisie revendique la rétrocession de la base de Bizerte. Les Français ayant refusé d’évacuer la base navale, des troupes tunisiennes l’assiègent le 19 juillet 1961. Deux jours après, l’armée française force le blocus et cerne la ville tout entière, provoquant la mort de 1 300 tunisiens. Les deux camps acceptent la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies du 22 juillet appelant à un cessez-le-feu. Le 25 août, l’Assemblée générale des Nations Unies demande à la France d’abandonner entièrement Bizerte.
Peu de temps après, les deux camps regagnent les positions qu’ils occupent avant le combat. Les discussions qui débutent en 1962 aboutissent à l’évacuation définitive de Bizerte le 15 octobre 1963.
Hommage : Pierre Mendès France (1907 - 1982)
Plus jeune avocat (à 19 ans), plus jeune député (en 1932), plus jeune ministre (dans le gouvernement Blum de 1938). En 1952, il défend à Tunis les militants indépendantistes. Nommé Président du Conseil et Ministre des Affaires étrangères en 1954, partisan de la décolonisation, il signe à Genève la fin de la guerre d’Indochine. Il se rend à Carthage dans la foulée et déclare le 31 juillet 1954 que « l’autonomie interne de l’Etat tunisien est reconnue et proclamée sans arrière-pensée par le gouvernement français ». Son discours est accueilli avec émotion en Tunisie et en France, à l’exception de la droite et des colonialistes. Il libère les leaders du Néo-Destour, promulgue l’amnistie et lève les interdictions touchant ce parti et sa presse. Il amorce la réconciliation avec l'Allemagne en rencontrant Adenauer. Fin 1954, la guerre d'Algérie empoisonne le climat politique. Ses choix courageux rencontrent une hostilité croissante à l’Assemblée Nationale. Le 5 février 1955, au terme d’un débat sur l’Afrique du Nord, son gouvernement est renversé. Il démissionne ensuite du Parti radical puis condamne la nouvelle constitution prônée par De Gaulle. En 1958, il abandonne ses mandats et se consacre à la réflexion politique. Après avoir soutenu Mitterrand lors des présidentielles, il fait une apparition remarquée au stade Charléty en mai 1968.Les années 70 le voient réduire son activité politique pour raisons de santé mais il oeuvre pour la paix au Proche-Orient avant de s’éteindre le 18 octobre 1982.





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