00216 : Comment caractérisez vous la relation entre les Tunisiens de France et leur pays d’origine?
A.O : C’est une relation affective qui se caractérise par le maintien d’une relation physique forte et régulière avec la terre d’origine. Jusqu'à une date récente les lettres et les retours occasionnels étaient le seul lien des émigrés avec le pays d’origine, les obstacles étaient diverses pour un retour régulier vers la Tunisie. De nos jours la situation à changé et la relation avec le pays d’origine s’est renforcée, cela est dû à de multiples raisons. La principale étant la concurrence dans les transports aériens qui a fait baisser les tarifs rendant les voyages moins couteux.
00216 : En quoi, les vacances de l’immigré ont-elles changé ?
A.O : Dans les années 1970, l’espace de vacances des immigrés se limitaitau village natal. Ce retour au foyer, qui a caractérisé le retour estival au début de l’émigration a fait place à une mobilité croissante entre les gouvernorats ce qui a renforcé le lien avec le pays d’origine. Ces nouveaux déplacements ont favorisé le développement de nouvelles zones balnéaires sur les côtes tunisiennes (Nabeul, Hammamet, Sousse, Monastir, Djerba). Aujourd’hui se croisent loisirs et découverte.
00216 : Les vacances d’été sont elles encore la règle ?
A.O : Généralement, l'été est leur période préférée. Cependant, ces dernières années, les immigrés ont développé d’autres types de vacances en dehors de la saison estivale. Cette nouveauté du temps des vacances permet à l’émigré de retrouver des moments du passé, mais aussi, de renouveler ses liens, ses rapports plus au moins délicats avec les nationaux.
On parle désormais de «vacances d’hiver» et d’autres pendant le Ramadan, l’aîd el kebir, des vacances dites «vacances de type religieux» (même si l’émigré n’est pas pratiquant).
00216 : Comment expliquez vous ces nouvelles pratiques ?
A.O : Les vacances hors été prennent des aspects différents, loin des plages, des sorties et des activités festives. Chaque émigrant désire vivre au milieu des siens, même pour quelques jours afin de faire «revenir le temps perdu» dans un temps et dans un espace typiquement tunisien. Cette occasion permet à l’émigré de retourner à ses origines, à son identité passée. Il rétablit des liens avec ses espaces originaires même si c’est pour une courte période, telle la fréquentation du «Hammam» (le bain public) ou les cafés. Il retrouve un goût d"avant le départ" pour la France avec une ambiance particulière qui le réjouit, dans un cadre spécifique qu’on ne peut pas trouver ailleurs surtout lorsqu’il est accompagné de ses amis d’enfance. Cette nouveauté est favorisée depuis quelques années par le développement et la concurrence des compagnies aériennes qui ont engendré une baisse des prix considérable.
Docteur en Géographie, auteur d’une thèse sur « L’espace des vacances : pratiques et perception du pays d’origine chez les Tunisiens de France ». Chercheur au CNRS, au sein du laboratoire Migrinter Poitiers. Auteur d’études de référence sur les Tunisiens de France.
A.O : Généralement, l'été est leur période préférée. Cependant, ces dernières années, les immigrés ont développé d’autres types de vacances en dehors de la saison estivale. Cette nouveauté du temps des vacances permet à l’émigré de retrouver des moments du passé, mais aussi, de renouveler ses liens, ses rapports plus au moins délicats avec les nationaux.
On parle désormais de «vacances d’hiver» et d’autres pendant le Ramadan, l’aîd el kebir, des vacances dites «vacances de type religieux» (même si l’émigré n’est pas pratiquant).
00216 : Comment expliquez vous ces nouvelles pratiques ?
A.O : Les vacances hors été prennent des aspects différents, loin des plages, des sorties et des activités festives. Chaque émigrant désire vivre au milieu des siens, même pour quelques jours afin de faire «revenir le temps perdu» dans un temps et dans un espace typiquement tunisien. Cette occasion permet à l’émigré de retourner à ses origines, à son identité passée. Il rétablit des liens avec ses espaces originaires même si c’est pour une courte période, telle la fréquentation du «Hammam» (le bain public) ou les cafés. Il retrouve un goût d"avant le départ" pour la France avec une ambiance particulière qui le réjouit, dans un cadre spécifique qu’on ne peut pas trouver ailleurs surtout lorsqu’il est accompagné de ses amis d’enfance. Cette nouveauté est favorisée depuis quelques années par le développement et la concurrence des compagnies aériennes qui ont engendré une baisse des prix considérable.
Docteur en Géographie, auteur d’une thèse sur « L’espace des vacances : pratiques et perception du pays d’origine chez les Tunisiens de France ». Chercheur au CNRS, au sein du laboratoire Migrinter Poitiers. Auteur d’études de référence sur les Tunisiens de France.






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