Les événements sanglants d'avril 1938 :

Le Néo-Destour établit un calendrier des réunions de propagande que les membres du Bureau Politique devaient présider. Ayant eu vent de ces activités, les autorités du Protectorat anticipèrent le mouvement en procédant à l'arrestation de Youssef Rouissi, Hédi Nouira, Salah Ben Youssef et Slimane Ben Slimane, accusés d'incitation à la haine raciale et d'atteinte aux intérêts de la France en Tunisie. Le Néo-Destour organisa le 7 avril 1938 une manifestation de protestation groupant 2.500 personnes, devant le palais beylical de Hammam-Lif. Mongi Slim, membre du Conseil National du Parti put rencontrer le Bey et solliciter son intervention en vue d'obtenir l'élargissement des responsables du Parti emprisonnés. Ne voyant rien venir, le Néo-Destour a décidé d'appeler à une grève générale le 8 avril 1938. Le même jour, une grande manifestation conduite par Mongi Slim et Ali Belhouane s'ébranla de Halfaouine, du centre de la Médina, emprunta les principales artères de la capitale, se dirigeant vers la Résidence Générale.

Le Néo-Destour établit un calendrier des réunions de propagande que les membres du Bureau Politique devaient présider. Ayant eu vent de ces activités, les autorités du Protectorat anticipèrent le mouvement en procédant à l'arrestation de Youssef Rouissi, Hédi Nouira, Salah Ben Youssef et Slimane Ben Slimane, accusés d'incitation à la haine raciale et d'atteinte aux intérêts de la France en Tunisie. Le Néo-Destour organisa le 7 avril 1938 une manifestation de protestation groupant 2.500 personnes, devant le palais beylical de Hammam-Lif. Mongi Slim, membre du Conseil National du Parti put rencontrer le Bey et solliciter son intervention en vue d'obtenir l'élargissement des responsables du Parti emprisonnés. Ne voyant rien venir, le Néo-Destour a décidé d'appeler à une grève générale le 8 avril 1938. Le même jour, une grande manifestation conduite par Mongi Slim et Ali Belhouane s'ébranla de Halfaouine, du centre de la Médina, emprunta les principales artères de la capitale, se dirigeant vers la Résidence Générale.
Pour un Parlement tunisien


Outre les dirigeants du Parti, les militants, le mouvement scout tunisien, les organisations de jeunesse se joignirent à cette manifestation où l'on voyait partout brandies des pancartes appelant à la création d'un " Parlement tunisien ".
Devant la Résidence Générale où s'était massée une foule de 10.000 personnes, Ali Belhouane harangua les manifestants en ces termes : " Nous sommes venus aujourd'hui démontrer notre force… Celle de la jeunesse qui ébranlera le colonialisme… Le Parlement tunisien ne sera créé que par le martyre des militants et les sacrifices de la jeunesse…. ". Pour la première fois la femme tunisienne prit part à cette imposante manifestation .
Avant la dispersion des manifestants, Mongi Slim rappela, dans un discours, les revendications du Parti et annonça l'organisation d'une deuxième manifestation pour le 10 avril 1938. Entre-temps, Ali Belhouane fut convoqué par le juge d'instruction, le 9 avril 1938. Une foule immense se rassembla devant le Palais de justice. Les forces de l'ordre accoururent et sans crier gare, commencèrent à tirer en l'air dans le but de semer la terreur parmi les manifestants. Des heurts sanglants éclatèrent ensuite et se soldèrent par 22 morts et près de 150 blessés.
Le Résident Général se rendit auprès du Bey et promulgua une loi instaurant l'état de siège, à Tunis, Sousse et dans le Cap-Bon. Le lendemain, Habib Bourguiba et Mongi Slim furent arrêtés et traduits avec le reste des dirigeants du Néo-Destour devant le tribunal militaire pour complot contre la sûreté de l'Etat. Le Néo-Destour fut dissout le 12 avril 1938, ses locaux fermés et ses documents confisqués. Toute la presse nationaliste a été suspendue. Les militants du Néo-Destour entrèrent dans la clandestinité.






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