L’appel citoyen de Serge Moati

La mort d’un vendeur de quatre-saisons a embrasé la Tunisie et le monde arabe. La pureté du feu pour effacer la souillure d’une vie humiliée. La mort, en Tunisie, a créé le vivant. Et tout un peuple s’est reconnu en celui qui a révolutionné l’image du « martyr » en terre d’Islam. Pas de youyous ni de litanie : Le simple courage. Et le grand désespoir : Celui du chômage et de l’avenir en berne. Aujourd’hui, à l’aube des premières élections libres de la Tunisie, les « raisonnables », ceux qui pensent que « les Arabes ne sont pas faits pour la démocratie », les cyniques ou boulimiques de pouvoir ne doivent pas étrangler l’espérance. Bouazizi voulait du pain, de la liberté. Et de la dignité. Comme des centaines de milliers d’autres Tunisiens qui ont bâti avec force et générosité cette Révolution de la jeunesse. Ils ont « dégagé » un despote corrompu, ainsi que sa clique mafieuse. Ce fut aussi une révolution des femmes… Et ce fut, un mouvement de colère sociale devenue une Révolution « laïque », même si le mot, me dit-on est « mal compris » ou même « intraduisible » en arabe… Etrange…. « Zaba et Leïla Gin » ayant déguerpis, chassés par les forces de la jeunesse et du renouveau, il convient de bâtir (et vite) une République (enfin) sociale. Et ne plus étouffer les cris de douleur d’un peuple courageux et fier. Mohamed et les autres martyrs sont morts pour la justice sociale. Dieu, l’identité « arabo-musulmane » doivent rester à leur place : très haut. Ou dans les cœurs. Pas dans les urnes. Là sur cette terre si belle de Tunisie, il s’agit de démocratie et de liberté, au grand vent d’une République renaissante et revivifiée. Nous sommes à l’aube de la deuxième déclaration d’indépendance du pays. Encore une fois, comme en 1957, les Tunisiens qui voteront en masse, je l’espère, pour les partis démocratiques et « laïcs », seront au rendez-vous de l’histoire. Et les jeunes noyés, désespérés, de Lampedusa, et le pauvre Bouazizi ne mourront pas une seconde fois… Aux urnes, citoyens, et que vive la Tunisie, notre patrie commune.

Serge Moati, un « Tune », réalisateur et auteur des « Dernières nouvelles de Tunis », aux éditions Michel Lafon

Une réponse à L’appel citoyen de Serge Moati

  1. Mme FHAL-SLAMA Marie-Claire dit:

    Je vous remercie de me permettre de lire toute l’information concernant les élections (qui me tiennent à coeur et dont je suis la préparation depuis Grenoble, comme tout ce qui touche la Tunisie(et vous n’êtes pas sans ignorer qu’en Isère les Tunisiens sont nombreux:).
    C’est un plaisir de lire ou de voir à la télé M. Serge Moati, grand ami de la Tunisie et que j’ai connu autrefois à Tunis,et que mon frère Gilbert Slama (1er Président du Ciné-club de Tunis- décédé)a bien connu.
    Merci donc à M. Moati de ce bel article qui lui fait honneur, un honneur qui rejaillir sur tous ceux de France qui, comme lui, aiment la Tunisie

    Mme FHAL Marie-Claire, Administratrice d’associations grenobloises, Médaillée par la Ville de Grenoble (38), Retraitée du Ministère de l’Education Nationale, Officier de l’Ordre des palmes Académiques-Paris -ais

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